De Katsuni à Kitsuné …

Sortie en juin 2014 du 6ème numéro de Doggy Bags :Heart Breaker, de et avec Katsuni/Celine TRAN :

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En couverture, Celyna alias Kitsune, héroïne de Heart Breaker, par Run, Celine TRAN, Singelin, Maudoux et Gasparutto

NDA : tous les renseignements fournis dans et article sur entre autres Katsuni/Céline TRAN, sont vrais, contrairement à tout ceux susceptibles d’être trouvé ici.

— > Cliquez ici pour voir le magnifique Trailer vidéo de Heart Breaker ! Avec Celine TRAN/Katsuni en actrice principale !  <–

Mon coup de cœur dark phantasm du moment … Comment résister à la larme rouge qu’elle s’est faite tatouée juste en-dessous l’œil gauche ?

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Une bonne chronique digne de ce nom devrait commencer par parler de Doggy Bags, qui existe depuis Février 2011 … Après tout, les passionnés de BD et d’imaginaire citent et louangent (ici pour les Sentiers de l’Imaginaire, dans lequel j’ai écrit sous un autre pseudo d’ailleurs au passage) régulièrement les auteurs qui en sont à l’origine et dont la collaboration avec Katsuni n’est pas le premier coup d’essai. Je devrais donc vous dire qu’il s’agit d’une revue « grindhouse » ,  désapprouvée, selon ses auteurs, par feu le comic code Authority (ou CCA, mais rien à voir avec l’autre cca, le christian coalition of America , financée par le groupe Carlyle, et encore moins avec la citrix certified administrator), et paraissant au rythme de deux titres par an, sous forme de one-shots. Intégrée au label 619, «une collection urbaine et décalée, une espèce d’hommage aux séries B de qualité et aux comics des années 1950». Comme le déclarait Run, son créateur et responsable de collection, à madmoizelle.com, DoggyBags est une aventure collective des plus abouties dans la BD contemporaine … Heart Breaker, qui brille de la présence d’une fameuse TRAN en co-scénariste, en est le tome 6 …

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Or, il se trouve que je ne connais pas ces personnes, dont j’ai apprécié la patte et dont j’apprécierais assurément beaucoup l’esprit et l’intelligence (oui, ce n’est pas la même chose). Par contre, je connais mieux Katsuni, dont les milles facettes m’ont toujours fasciné, encore maintenant du reste avec ce nouvel univers : à quoi ne va-t ’elle donc point toûcher ? me dis-je, en tout cas dans tout ce qui est humaniste, dirais-je, car j’ai peine à l’imaginer diabolique si ce n’est, comme ici, pour de faux, pour jouer, pour se défouler et nous défouler … comme d’hab quoi. On ne l’arrêtera pas de si tôt, tout comme Celyna, réincarnée, et tant mieux ! Oh, ne vous méprenez pas, je ne la connais pas intimement non plus, bien qu’il m’ait été donné de la voir et de lui parler (c’est une fille heureuse et délicieuse, passionnée par milles choses, très agréable et très drôle, ayant beaucoup de présence, une belle écoute et une grande ouverture d’esprit) à plusieurs reprises, grâce au magazine Hot Vidéo entre autres pour un des meilleurs interviews que j’ai fait – il faudra que je pense à le remettre en ligne d’ailleurs car elle y disait comme toujours des choses très intéressantes, sur elle et le porno, notamment américain – pour les hot d’or 2009 et la première cochonne.com (un site forum qui l’a médiatisé dès le tout début de sa carrière, et qui hélas n’existe plus, si ce n’est ce que j’ai pu en sauver en partie dans mon disque dur, donc il n’y aura pas le lien ici, si ce n’est celui du forum l’ayant timidement remplacé http://www.lacochonne.net , voilà), et pas forcément mieux qu’un de ses millions de fans invétérés. La belle colombe noire, Céline TRAN donc, a travaillé dans plusieurs centaines de films pornographiques au cours de sa longue carrière (depuis 2001…), dont de très fameux, tels, par exemple, pour citer trois des films qu’elle a beaucoup aimé interpréter … « Katsunià l’école des sorcières », de son regretté ami Alain Payet/John Love, puis quelques années plus tard Pirates 2 le plus grand film porno de tous les temps en terme de budget, ou bien encore Fashionistas Safado, où elle a exploré ses limites face aux fantasmes à la fois crus et esthètes de John Stagliano, un des papes du porno US et du porno tout court.

Pirates2Katsuni maniait déjà un katana dans Pirates 2 : Stagnetti’s Revenge, de Digital Playground.

Kat ! (pour les intimes, ou plutôt ceux qui aimeraient bien l’être … Une dame doit être consentante pour d’avantage, et même et d’autant plus si elle est porn star). Katsuni, donc, jeune femme de 35 ans, qui a, suite à sa longue carrière pornographique (31 récompenses diverses, dont en 2009 à Paris le Hot d’Or de la Meilleure Actrice française et celui du Meilleur Blog d’Actrice.), démarrée le porno à 21 ans, après avoir effectué en parallèle de ses études un travail de gogo danceuse puis fait des photos nue pour Penthouse. Elle a aussi beaucoup travaillé avec Dorcel. Pour rappel, elle était ces dernières années la porno star française numéro 1, notamment à l’internationale puisqu’elle a été contract girl de Digital Playground, et a longuement vécu dans la fameuse San Fernando Valley (ou Porn Valley)aux USA. Après la voie humide, (dédicace à sa collègue Coralie Trinh Thi dont c’est le titre d’un de ses livres), qu’elle entama après une solide formation en Sciences Po et en lettres (ne doutez surtout pas de l’intelligence de cette business woman, son QI en refroidirait plus d’un je pense), Katsuni s’essaya, comme de nombreuses autres porno stars au cours de leur carrière, à la réalisation de films pornographiques, en plus de nombreuses autres activités (strip tease, pole danse…) . Ses castings sont fameux – j’en ai un devant mon nez d’ailleurs dont je n’ai pas encore terminé la chronique pour x stars news, pourtant commencée depuis des lustres… – : elle marche un peu sur les traces de Laetitia, mais souvent dans des lieux plus chics, exotiques et glamours.   Solide femme d’affaire donc, elle lance sa ligne de lingerie et de parfums, « Petit cœur ». Ecrivaine insatiable, elle tient un blog particulièrement intéressant, dont je ne saurais trop vous conseiller la lecture, sur le site « des inrocks ». Bien des pornos stars actuelles ont tenu ou tiennent encore leur blog, plus ou moins méticuleusement et régulièrement mis à jour. Certaines d’entre elles sont par la suite même devenues chroniqueuses de presse, papiers ou web … Katsuni a fait les deux, écrivant régulièrement dans la presse spécialisée, même du journalisme et de l’animation en télévision, comme lorsqu’elle présente les mangas sexy de Katsuni sur MCM, et bien plus puisque, à l’instar d’Ovidie et de Brigitte Lahay, elle est une véritable ambassadrice du sexe en France et en a fait probablement plus que le tour. Pour le web, elle fait partie, avec Ovidie pour son billet de Metronews, et désormais Faustine Karel dans le plus figaro, toute proportion médiatique gardée, de ces anciennes actrices X qui ont envie de s’exprimer, elle dans son blog sur les inrocks ou sur LePlus du Nouvel Obs, sur la réalité vraie de cet étonnant métier, un désir (un besoin ?) de remettre les pendules à l’heure avec leur public, qui le plus souvent n’y connait rien, fantasme tout et se trompe de tout au tout sur elles. Logique … pour se détromper et donc s’élever, la moindre des choses est d’écouter leur voix de temps en temps entre deux festins audiovisuels de leurs seins plantureux et de leurs chattes affriolantes …activités tout autant plaisantes, certes. Kat, en parallèle, fait aussi des publicités à la télé (des clips humoristiques irrésistibles pour la chaine Alloresto notamment), et a collaboré naturellement avec le monde du jeu vidéo, qui la passionne de longue date comme toute geekette qui se respecte (elle est ambassadrice de la marque de vêtement Otaku The Original Gameweare d’ailleurs) . Et puis, n’y aurait-t’il pas un petit peu de la succube Bayonetta dans sa Celyna ?

BayonettaBayonetta

De plus, Kat, ou plutôt Céline Tran, continue à faire son trou dans le cinéma traditionnel, et est une des rares actrices à pouvoir le faire, telle de l’autre côté de l’Atlantique, la mythique Sasha Grey, la Girl Friend Experience de Steven Soderbergh, dont je vous parlerais un de ces quatre également fort copieusement, tant elle a marqué elle aussi les pornophiles français … Mais, revenons à Katsuni, puisqu’elle tourne , sous le nom de Céline TRAN, par exemple avec François Descraques pour la fameuse série ,une des plus plébiscitée par les internautes, « le visiteur du futur », vous savez ce bonhomme totalement fou qui remonte le temps pour empêcher une catastrophe planétaire, plusieurs saisons durant, sans cesse se renouvelant.

BaronneKatsuni, baronne de la saison 4 du Visiteur du Futur, de et avec Francois DESCRAQUES

On la retrouve aussi dans d’autres productions web, tel le Golden Show dans le sketch « Dans la peau de Katsuni« . Tout en menant sa carrière cinématographique avec cette passion qui toujours la caractérise, elle devient donc maintenant co-scénariste et héroïne fantasmatique de bande dessinée, et pas n’importe quelle bande dessinée, excusez-moi du peu … Doggy Bags, avec le sous-titre de Sexe, vice et horreur en haut, et Violence 100% graphique en bas. Une des nouvelles bibles du geek absolu, forcément fan de jolies filles et de film d’horreur. De l’horreur, Céline Tran, Run et l’équipe de Doggy Bags, n’en manquent pas. Céline Tran invente le personnage d’une très jeune porn star, Célyna (pour Céline mais aussi Selina Kyle, oui, Catwoman, dont elle parle beaucoup dans le Doggy Bags, tout se tient n’est-ce pas …) devenant par la force des choses (enfin, des sépulkres, pour dire les choses…) Kitsuné, la vampire au charme aussi fou que ne pulse son désir de sang. Un fantasme qui largue avec brio tout à la fois Kill Bill et Vampirella dans le placard des filles trop sages …

KillBill

La question qui s’impose alors à vous, pour peu que ce sujet vous interpelle, est : mais y-a-t’il un rapport entre Céline, Selina, et Célyna, et Katsuni, Katwoman, et Kitsuné ? Elle-même avance que oui, partiellement, mais je vous laisse juger par vous-mêmes en lisant ses aventures, dont voici un extrait : « …Je me souviens de ma jubilation sur la chaise de maquillage, brindille de 21 ans qui se glisse dans la peau de Selina avant sa métamorphose en Catwoman. Se faire relooker me rappelait les joies enfantines à se déguiser en princesse. J’étais l’héroïne d’un conte pour adulte… » En introduction, Céline (enchanté, au passage) nous dit qu’il y a beaucoup d’elle dans ses 3 courts récits, et que, promis, elle nous livrera des clés dans les pages qu’elle a contribué à écrire … Côté sang, Heart Breaker propose le pire bien que, personnellement, je n’ai pas trouvé cela plus choquant que les mangas pour adolescents qui font fureurs en ce moment, il faut le savoir, du style « High School of the dead », ou la série du jeu du roi, succédané méphitique de Saw et autres The Ring, comme tant d’autres … Heart Breaker, décliné en 3 shoots qui forment le fameux Doggy Bags n°6, est très bien dessiné par trois dessinateurs talentueux (Singelin , Maudoux, qui signe la couverture ci-dessus, et Gasparutto). Il y a trois actes sans concession, unis par les liens du sang : Fist Blood, Draw Blood, et Too Rich For My Blood. Du liquide rouge, il y en a, mais aussi des larmes dérangeantes, des viscères et des boyaux, éventrés au katana, et, bien entendu, des seins, des chattes, des bites à foison … et de quoi s’en enivrer jusqu’à plus soif, jusqu’au purgatoire dont on retrouve régulièrement la croix effilée comme une dague de sacrifice. On notera tout de même la richesse des symboles dans ces BDs là, en plus du sang, du sexe et de la violence: la croix, la nuit, le sordide, la fange, l’ignominie qui lorgne du côté d’un Sin City (Ah, ce n’est quand même pas rien comme compliment que de comparer leur style à celui de Frank Miller, quand même !) et bien sûr l’hommage tarantinesque à souhait. Céline se livre à nous au début, comme pour nous remercier de la suivre avec le même plaisir, qu’on a eu à la voir s’exhiber totalement, dans cette nouvelle aventure. Elle est chouette et passionnée. Et fait partie de ces filles qui m’ont fait tant rêver tout à la fois pour un peu de tout cela. Et tout ce qu’elles ont encore dans le ventre à partager… Ici, Céline, puisque c’est ainsi qu’il faut l’évoquer désormais de préférence, se fait plaisir, se lâche goulument, vit des fantasmes graphiques totalement débridés. Cathartique ? Peut-être, et il serait intéressant de l’analyser en faisant la synthèse de tout cela, afin de trouver Céline derrière Selina, Celyna, Katsuni, Catwoman, et Kitsuné. Mais je ne le ferais pas. Ce n’est pas nécessaire. Pour mieux la connaitre, je pense qu’on peut tous réfléchir sur une des réponses qu’elle a donné à un interview en 2010. On demandait à Céline si elle se considérait comme une adulescente, une « grande enfant ». Elle répondit, et je partage complètement cet avis : « Je me considère juste comme un esprit libre dans un corps qui vieillit (lol). Si mes idées ont pu évoluer au gré de mon expérience, je reste fondamentalement la même. Je n’ai jamais perdu mon goût des dessins animés, des jouets, des peluches, des contes de fée même lors de mon adolescence. Je n’ai jamais mis mon enfance au placard. Pour moi être adulte signifie uniquement savoir prendre ses responsabilités, faire des choix, les assumer ».

13071412242014072611379199Céline en Chun-Li

J’ai en tout cas passé un bon moment dans « Heart Breaker » avec elle et ces 5 alter egos. Encore ce soir dans les trois actes de ce roman graphique, dont je vais vous résumer un peu l’intrigue, car elle compte beaucoup :

L’acte 1 est probablement celui qui est le plus intime pour Céline, car c’est un peu son histoire qu’elle rejoue, comme elle tient à nous le rappeler, non sans amusement, félicité et zeste de férocité : son parcours de porn star commença à la porn valley. C’est là où on fait la connaissance de Kitsuné, l’ange rédempteur au look ravageur ( dont le nom n’est pas sans rapport avec bien entendu l’érotique Katsuni, mais également l’ésotérique renard à neuf queues qui est si cher à Naruto, entre autres icônes geeks (on pourrait parler du renard ami de Sonic aussi …). Initialement, ce renard est une sorte d’esprit surnaturel polymorphe issu du folklore japonais. ) Dans Heart Breaker, Kitsuné est toute de noir, de croix et de katana vêtue. Somptueuse, un fantasme geekissime sur patte. On a envie de l’entendre dire : »miaou », et elle fait le ménage avec un plaisir et un devoir fou.

20140621_195052_redimensionnerKitsuné selon Gasparutto, dans l’Acte I de Heart Breaker : « First Blood »

UnderworldKate Beckinsale dans Underworld.

L’acte deux fouille autant dans Entetien avec un Vampire que dans Eyes Wide Shut, tout comme l’acte 3 bien que leurs auteurs l’ignorent peut-être, visionnaires sans le savoir d’une réalité bien plus noire que leurs fictions hélas, on est quelques-uns à le savoir et ne rien pouvoir, si ce n’est maudire tous les dsk en puissance, peut-être … Celui qui empuantie la fin de ce Doggy Bags cristallise en lui tous les vices, sans exception, quelque part entre un « héros » hostellien (d’Eli Roth, attention, là aussi c’est gore) et un démon asmodéen plus classique. Mais elle est là, la rédemptrice, et redresseuse de tort. Elle arrange la situation à la manière, faisant sienne la fameuse loi du talion. On n’en attendait pas moins d’elle, d’autant plus que son personnage nait de fort délicate manière au sein même de l’acte 2, lui-même permettant de comprendre les motivations de Kitsuné au sein de l’acte I. Oui, c’est aussi compliqué à suivre qu’une série de trilogie de Star Wars, saupoudré de pas mal de Blade, d’Underworld, ou de Resident Evil, entre autres ( on pourrait citer aussi pas mal d’autres films de vampires ! ) Et bien d’avantages. Kitsuné, Run et leurs amis ne redéfinissent pas le genre, mais leur Heart Breaker mérite assurément d’en faire partie à part entière ! D’ailleurs, pour fermer la boucle, vous en connaissez beaucoup, des bandes dessinées qui poussent la finition jusqu’à réaliser un trailer vidéo de leur BD – en fait un quatrième acte – qu’on notera au passage jouissif comme vous le constaterez en cliquant sur la première image de cet article, vous menant à ce trailer – et de belle qualité professionnelle ! Alors, à quand Kitsuné dans un vrai long métrage avec toi en tête d’affiche, Céline ? Bien sûr, qui d’autres que Tarantino ou Robert Rodriguez pour le réaliser ?

20140621_195334_redimensionnerKitsuné selon Maudoux, dans l’Acte II de Heart Breaker : « Draw Blood »

20140621_195556_redimensionnerKitsuné selon Singelin, dans l’Acte III de Heart Breaker : « Too Rich For My Blood »

 

Kitsune2Céline TRAN dans le trailer vidéo de Heart Breaker, réalisé par Run et Vincent Gatinaud pour Doggybags International Pictures

Ce qu’il faut retenir de ce premier billet sur le thème de la reconversion des actrices pornographiques : Céline/Katsuni a encore bien des trésors dans le ventre à faire partager, après nous avoir déjà tant donné (!!), et, comme elle le dit elle-même dans l’interview ci-dessus : elle a bien plus à nous montrer que sa paire de seins. Je la crois volontiers, elle l’a maints fois prouvé, tout comme elle prouve qu’il est possible de se passionner et de littératures du XIXème siècle, et de comics, jeux vidéos, cinéma et mangas, et de milles autres passions qui forment une vie de femme libre, généreuse et épanouie, non sans mordant pour qui mérite les crocs de Kitsuné, et on en redemande encore, encore, engore, encoooooorrrrre !!

 

 

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